Impact social des cours particuliers : Les inégalités sociales liées au genre

Le sexisme de l’éducation

1569144-le-sexisme-dans-l-entreprise-a-la-dent-dureSelon l’UNICEF, 32 millions de filles ne sont pas scolarisées à travers le monde. A l’échelle mondiale, la part des filles parmi l’ensemble des enfants non scolarisés des pays en développement a considérablement diminué, passant de 58 à 53%.

Ce constat positif, cache encore de grandes disparités. Dans certains pays d’Afrique subsaharienne ou d’Asie, plus de la moitié des filles n’achèvent pas le cycle d’enseignement primaire. Et dans certaines régions de l’Afghanistan ou de la Guinée, moins de 20% des filles en âge d’être scolarisées vont à l’école.

En matière de soutien, l’écart entre les garçons et les filles, dans les centres de soutien scolaire est de 5 points environ en faveur des garçons. Cette inégalité évidente est due aux disparités des taux d’inscription à l’école. Il tend à se réduire après les cycles secondaires, peut être par les familles aisées offrant des cours aux filles comme aux garçons.

« Lors du Forum des politiques de l’IIPE, en 2007, Tansel et Bircan (2007, p. 7) font remarquer qu’en matière d’éducation, dans les pays en développement, les filles sont loin derrière les garçons et que « la Turquie ne fait pas exception ». Ils ajoutent que, dans ce pays, bien que les retombées économiques de l’éducation des femmes soient au moins aussi importantes, sinon plus, que celles de l’éducation des hommes, les parents ont tendance à investir davantage pour leurs fils parce que ceux-ci sont considérés comme étant leur principal soutien pour leurs vieux jours. »

Fais plutôt la cuisine !

Cambodge-enfant-740x493Un autre aspect des questions liées au genre concerne les enseignants. Dans certaines sociétés, le soutien scolaire est dispensé essentiellement par des hommes. Une étude au Cambodge a montré qu’aucun des élèves de la 1ère à la 3ème année d’une école rurale ne prenait de cours particuliers, alors que dans les 4ème, 5ème et 6ème années, ils étaient respectivement 50%, 25% et 90 % à en prendre. Interrogé sur la raison pour laquelle la proportion en 5ème année était nettement inférieure à celles des 4e et 6e années, le directeur de l’école a répondu que le professeur de cette classe était une femme qui devait s’occuper de sa famille et que, par conséquent, elle ne pouvait pas donner régulièrement des leçons privées (Bray, 1999b, p. 60). De même, Hartmann (2008, p. 68) a rapporté que, si quelques enseignantes égyptiennes donnaient des cours à domicile, les centres de soutien scolaire privés semblaient être le domaine exclusif des hommes.

Il y a des raisons évidentes pour lesquelles les enseignantes ont tendance à moins donner de cours particuliers : c’est principalement le manque de temps et d’énergie lié à leurs responsabilités domestiques, surtout si elles ont une famille. À part cela, il est socialement moins acceptable pour une femme, en particulier jeune et célibataire, de passer ses après-midi hors de chez elle, d’aller chez des élèves ou d’en recevoir à domicile. […] Il est également fréquent que les enseignantes soient soutenues financièrement par leurs maris ou leurs familles et qu’elles aient, de ce fait, moins besoin de revenus complémentaires que leurs homologues masculins.

Les cultures sont naturellement très différentes dans d’autres parties du monde, mais il est probable que les enseignants masculins ont davantage tendance que leurs collègues féminines à rechercher des marchés et à pousser leurs propres élèves à prendre des cours particuliers.

Crédit photo : Mondoblog.

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