Impact éducatif des cours particuliers (4/4) : La place des cours privés dans un système qui mise sur les structures publiques

Cet article est tiré du rapport « L’ombre du système éducatif : quel soutien scolaire privé, quelles politiques publiques ? » écrit par Mark Bray. Il est publié par l’Institut international de planification de l’éducation

Site web de l’IIPE : www.iiep.unesco.org. La publication est financée par l’UNESCO.

« En Angleterre, en Australie, aux États-Unis, en France et à Singapour, les autorités ont tenté diverses manières de stimuler la demande de soutien scolaire.

 Il est très instructif de constater que l’augmentation des dépenses de l’État dans l’éducation n’entraîne pas nécessairement une baisse des dépenses que les ménages consacrent au soutien scolaire. Au contraire, il semble que l’intensification des efforts du Gouvernement dans le secteur éducatif classique favorise le développement de l’éducation « parallèle ». Tout dépend donc des revenus dont disposent les familles et surtout de leur attitude à l’égard de l’éducation en général, et du soutien scolaire en particulier. Beaucoup d’entre elles pensent qu’il est souhaitable d’employer tous les moyens possibles pour donner toutes les chances aux enfants et elles sont prêtes à tous les sacrifices pour parvenir à ce but. Dans certaines sociétés, des activités non scolaires telles que la danse classique, le piano et l’éducation religieuse sont considérées comme importantes pour compléter l’éducation des enfants, alors que dans d’autres, le soutien portant sur les matières scolaires normales (les mathématiques, les langues et les sciences) est perçu comme étant un meilleur investissement. 

Les décideurs et les planificateurs ne doivent pas considérer le soutien scolaire uniquement comme un phénomène négatif, une sorte de mauvaise herbe qui envahirait un jardin bien entretenu. Ils doivent plutôt se demander pourquoi les parents sont prêts à investir des sommes aussi importantes pour compléter l’enseignement reçu en classe. Pourquoi certains d’entre eux préfèrent-ils des cours particuliers en tête-à-tête et pourquoi d’autres sont-ils prêts à payer pour des cours réunissant une centaine, voire un millier de participants ? Quels enseignements les écoles du système éducatif peuvent-elles tirer du fait qu’à certaines périodes, les classes sont vides parce que les élèves ont payé des dessous-de-table pour pouvoir prendre des leçons dans des centres de soutien ? Et que peuvent apprendre les décideurs des entreprises de soutien à la pointe de la technologie, qui proposent des cours vidéo à la demande que l’élève peut télécharger sur un ordinateur ou sur un périphérique portatif et visionner aussi bien dans le métro ou un jardin public qu’à l’école et à la maison ? 

Une des réponses à ces questions est que les prestataires de soutien scolaire privé, du moins dans certaines cultures, sont plus novateurs et plus axés sur le client. Glasman (2007) relève qu’en France, les professionnels du soutien ont tendance à se considérer comme étant plus transparents que les écoles, notamment parce qu’ils fournissent rapidement des informations plus complètes sur les résultats des élèves. Il ajoute que, dans l’éducation nationale, la réponse classique en cas de mauvais résultats scolaires est de faire redoubler l’élève. En revanche, une entreprise de soutien propose, en cas d’échec de l’élève, soit de lui offrir des cours gratuits l’année suivante, soit de rembourser ses parents.

En République de Corée, Kim observe que la plupart des candidats à l’entrée dans un établissement secondaire spécial ont tendance à considérer que les instituts privés ont l’avantage de regrouper les élèves par niveau et de proposer des programmes différenciés, alors qu’à l’école tous les élèves apprennent ensemble quelles que soient leurs aptitudes. Les mères voudraient que les écoles dispensent un enseignement plus individualisé et s’occupent non seulement du comportement des élèves, mais aussi de leurs résultats scolaires. L’individualisation de l’éducation dans les instituts privés est un argument de poids pour attirer les gens et les inciter à recourir à leurs services. 

Ces initiatives ne peuvent remédier aux défauts et aux lacunes perçus du système scolaire.»

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